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Cessez-le-feu à Gaza : le déploiement de l’aide doit être immédiat et massif
Le bilan de l'épouvantable guerre totale que mène l’armée israélienne à Gaza inclut l’anéantissement de quartiers entiers, d’hôpitaux et d’infrastructures clés ainsi que le déplacement à répétition de millions de personnes qui vivent désormais dans le froid hivernal sans assez d’eau ni nourriture. Les destructions massives affectent des millions de Palestinien·ne·s tandis que les familles des otages israélien.ne.s et des prisonnier·ère·s palestinien·ne·s attendent désespérément le retour de leurs proches.
Le cessez-le-feu révèle l’ampleur des destructions à Rafah
De nombreuses personnes déplacées essayent de rentrer chez elles suite à la mise en place du cessez-le-feu dans la bande de Gaza. À Rafah, ville du sud de la bande qui avait servi de refuge à plus d’un million et demi de refugié·e·s jusqu’à son invasion par l’armée israélienne en mai 2024, l’ampleur de la destruction est massive.
Les personnes qui reviennent découvrent leur immeuble réduit en cendres. La ville est détruite, les maisons, commerces, rues et infrastructures de santé ne sont plus que des ruines et les réseaux d’eau et d’électricité sont endommagés. La zone est également très dangereuse à cause du grand nombre d’engins d’artillerie non-explosés disséminés dans les décombres et dont le déblaiement prendra des années. « Nous avons vu un enfant jouer avec un obus dans le quartier de Mawasi », témoigne Pascale Croissard, notre coordinatrice d’urgence sur place.
« Il n’y a pas de mots pour décrire ce que nous avons vu en retournant à Rafah. Nous ne pouvions même pas reconnaître la rue dans laquelle se trouvait l’hôpital Emirati. C’est extrêmement triste de retrouver cet hôpital totalement détruit, sans aucun signe de vie, alors qu’il était un lieu dans lequel était donnée la vie », déplore Nadia Abo Mallouh, coordinatrice médicale.
« J’ai continué à erreur avec l’espoir de retrouver quelque chose de ma maison. Elle a été totalement détruite. C’était un choc immense, car cette maison était toute ma vie. Les souvenirs de ma famille, de ma femme et de mes enfants sont dans cette maison. Mes affaires, mes vêtements, ma vaisselle, mais souvenirs de mariage, tout était là », décrit Hadi Abo-Eneen, qui travaille en tant que gardien pout MSF et qui a été forcé de quitter Rafah en mai 2024.
Nos équipes restent déterminées à fournir des soins médicaux à la population de Gaza. Les besoins humanitaires ont atteint des proportions catastrophiques et répondre ne serait-ce qu’à une infime partie de ceux-ci n’est envisageable que par l’augmentation massive et immédiate de l’aide humanitaire dans et à travers la bande de Gaza.
Cependant, le déploiement de l’assistance humanitaire ne dépend pas seulement de l’arrêt des combats. Les routes, bâtiments et infrastructures civiles sont dans un état désastreux et le territoire a été plongé dans le chaos après le démantèlement des forces de maintien de l’ordre. L’insécurité permanente ainsi que l’interdiction de travail faite à l’UNRWA, principal fournisseur d’aide aux Palestinien·ne·s de Gaza, représentent des obstacles de taille. Il est également nécessaire que les blocages et les entraves au déploiement des secours mis en place par les autorités israéliennes ces quinze derniers mois soient levés de toute urgence, en commençant par la réouverture des principaux points de passage terrestres, comme celui de Rafah. Nous appelons également Israël à rétablir l’accès au nord de la bande, en état de siège depuis octobre 2024.
Le gouvernement israélien, le Hamas et les dirigeant·e·s du monde entier ont tragiquement failli à leurs obligations vis-à-vis de la population de Gaza, en n’acceptant pas ou en n’imposant pas plus tôt un cessez-le-feu durable. Le soulagement engendré par ce cessez-le-feu est loin d’être suffisant pour que les habitant·e·s de Gaza puissent reconstruire leur vie, reconquérir leur dignité et faire le deuil des personnes tuées et de ce qui a été perdu ces derniers mois.